Connaître ses 6 postures / personnalités de rapport au temps !

Le plus souvent, lorsqu’on cherche à progresser dans un domaine, on tâche de prendre modèle sur la réussite de quelqu’un, sa méthode, etc. On fonce tête baissée en calquant sa méthode sur soi sans l’adapter. C’est la raison pour laquelle l’immense majorité d’entre nous se casse les dents quelques jours, semaines ou mois de tentatives…

Dans un précédent article où je présentais la méthode The APPLE pour mieux gérer son temps, je parlais de mon expérience, de mes réussites et de mes échecs. Toutefois, comme tout un chacun, j’ai foncé sans m’assurer avant que cette méthode « collait » à mon type de personnalité… Par chance, c’était le cas, sinon, j’aurais perdu mon temps à essayer, un comble !

Je réfléchissais à ce que serait une recette de gestion du temps adaptée à chacun (une maman, un cadre pro, un étudiant).

.6 perso temps

Au hasard de mes recherches, j’ai découvert les travaux d’un médecin psychiatre/psychanaliste, Eric Berne. Selon lui, nous avons six façons de structurer notre temps (ou postures), que nous mobilisons plus ou moins dans notre vie personnelle et professionnelle :

  • Le retrait désigne la situation où nous mettons loin des autres (physiquement et/ou mentalement).
    • Lorsque nous gérons notre temps, cela nous permet de ne pas être envahi par des stimulations externes, de nous consacrer à des tâches que nous avons définies, bref, garder son temps sous contrôle.
    • Lorsque nous subissons, la posture de retrait peut nous permettre de fuir ou d’être passif dans un contexte de crise pour soi.

chalet.jpg

La posture du retrait, à la manière du chalet perdu

Je me retrouve bien dans cette personnalité de « retrait », étant plutôt solitaire/introverti. Mes journées sont organisées autour de ces temps de retrait où je peux effectuer les tâches les plus difficiles, souvent le matin (moment où je suis mon ratio énergie/efficacité est le plus élevé). Au travail, je me « retire » en mettant mon téléphone en mode « ne pas déranger » (notifications étant en permanence désactivées), mes boites emails étant fermées (pour éviter un pop-up visuel/sonore), en fermant la porte de mon bureau, en chassant de mon bureau tout ce qui n’a pas lien avec la tâche à effectuer.

 Avant que j’organise mes journées de manière à garder mon temps sous contrôle, par ex. lorsque j’étais étudiant, lorsque la période des partiels approchait, je me réfugiais le plus souvent sur des jeux vidéos en me répétant toujours le même mantra (j’ai encore du temps, demain, j’abattrais deux fois plus de job). Et puis, cela finissait toujours de la même façon. 3 jours avant l’examen, je m’avalais plusieurs centaines de pages, plusieurs litres de café, plusieurs nuits blanches. Le résultat était toujours le même : médiocre !

  • Le rituel désigne la manière dont nous avons de mettre en place des habitudes (consciemment/inconsciemment) pour structurer notre temps et nous rassurer. Avec ces habitudes, nous avons le sentiment que nous gardons les choses sous contrôle. En répétant certains gestes, on se sent plus confortable, on maîtrise la situation, et nos rapports avec autrui. A l’extrême, les habitudes peuvent nous éloigner des autres / nous empêcher de tisser des liens. La posture du rituel peut ainsi nous faire basculer dans la posture du retrait (par ex. un étudiant très bosseur qui passe sa journée/soirée à la bibliothèque, un passionné de musculation qui prépare tous ses repas minutieusement ne s’autorisera pas un écart au restaurant avec des amis, etc.)
rituel.jpg
Le rituel … de nos habitudes

Savoir identifier ses rites/habitudes est à la fois génial et dérangeant. Génial car on se connaît mieux. Dérangeant, car on se connaît mieux.

Au-delà du café du matin avec ses collègues, ou la manière de se brosser les dents, pousser l’exercice est vraiment enrichissant. Moi par exemple, avant que je ne cherche à organiser mes journées, lorsqu’une urgence survenait (des révisions, un job qui tombait à la dernière minute, etc.), j’avais un rite (qui confinait à la posture de retrait) : je rangeais tout autour de moi à commencer par mon espace de travail. En réalité, je fuyais la tâche à réaliser, et la boule de stress montait à hauteur du ménage réalisé.

En identifiant ces tocs/habitudes, je ne peux plus me cacher. Lorsque je suis pris de frénésie de ménage, au bout de 5 minutes, je me demande si je ne cherche pas à éviter quelque chose.

Mais les habitudes/les rites peuvent aussi être des rites de succès. Lorsque je mets à travailler sur une tâche « critique » de ma journée, j’attaque toujours avec un café et un grand verre d’eau qui sont un peu mes sabliers ! Le matin, je me lève toujours 2heures avant tout le monde pour avoir du temps pour moi, lire, accomplir.

Cette posture des habitudes offre une grande souplesse. On peut tester les habitudes des gens qui nous inspirent, les adapter, essayer d’atténuer ses « mauvaises habitudes », etc.

  • Le passe-temps désigne les échanges que nous avons avec les autres autours de banalités. Nous sommes à l’aise, et nous ne sommes pas « en risque » (tu as vu le match hier ? etc.). Il s’agit d’une porte d’entrée à la discussion, qui permet de prendre de l’assurance.

passe-temps.jpg

Je me retrouve là aussi sur cette personnalité du passe-temps, plusieurs fois par jour. Le moment principal, c’est souvent le déjeuner afin d’amorcer la conversation avec mes convives, désarmorcer, tester l’ambiance, etc.

  • L’activité. Cette posture nous glisse dans l’action, avec un objectif à la clé. Deux exemples pro/perso peuvent être cités : l’activité travail qui nous mobilise le plus clair de notre temps par jour, et l’activité enfant qui rythme l’avant et l’après travail. Lorsque nous prenons notre retraite ou que nos enfants quittent le domicile parental, nous ressentons un grand vide, le temps s’écoule plus lentement. Nous avons le sentiment que nos raisons de vivre s’en sont allées, car ces activités donnaient du sens à notre consommation de temps.

Il s’agit de la posture dans laquelle je me retrouve sans doute le plus. Très longtemps, j’ai été « obsédé » par la valeur travail. Si on ne se tuait pas 70 heures en Cabinet d’avocats, ce n’était pas normal, c’était devenu ma routine. Lorsque j’ai décidé de quitter la « robe » pour exercer mon métier en entreprise, j’ai ressenti un grand vide les premières semaines. Je me sentais désœuvré, inutile lorsque mes supérieurs me chassaient des locaux à 19H.

  • Les jeux : du peu que j’ai compris, il s’agit ici pour Eric Berne de désigner les postures qui rythment nos journées, et qui nous procurent des sensations désagréables, mais aussi rassurantes.
    • Le positionnement victime : je suis débordé de travail, j’ai la poisse ou le KARMA
    • Le positionnement persécuteur : je t’avais bien dit d’effectuer cette tâche de cette manière, etc.
    • Le positionnement sauveur. Laisse-moi faire, tu devrais suivre mon conseil, etc…

Ce n’est pas une personnalité ou une posture très agréable, mais quand on réfléchit à ces jeux, force est de reconnaître qu’on a tendance à jongler d’une posture à l’autre aussi bien dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle. Toutefois, en connaître les symptômes permet aussi de limiter au maximum la déperdition d’énergie (et de temps) que ces jeux nous infligent. Un exemple. Le positionnement victime qu’on peut adopter lorsque un supérieur nous refile un dossier « non désiré ». Moi le premier, je pouvais alors pester auprès de l’ensemble de mes collègues. Mais à la fin des fins, j’avais toujours le dossier + la fatigue d’une débauche d’énergie sans intérêt (ou retour d’investissement, car mes collègues ne prenaient jamais le dossier en m’écoutant me plaindre !)

  • L’intimité : il s’agit ici d’abaisser ses défenses. Dans cette posture, plus de jeux, plus de rituels. On se livre tout entier et on partage. Lorsque cet état est atteint, le plus souvent, nous avons le sentiment que le temps passe alors à toute vitesse !

Pour aller plus loin, direction :

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s